La femme qui fuit, Anaïs Barbeau-Lavalette 

Résumé:

Anaïs Barbeau-Lavalette n’a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s’appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours. Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l’auteur a engagé une détective privée. Les petites et grandes découvertes n’allaient pas tarder.

Un ptit mot sur le livre:

Tout d’abord je remercie Anne et Véronique des éditions Le livre de poche pour ce conseil lecture et pour le livre aussi. Honnêtement ce livre est juste un coup de cœur et je ne peux que vous le conseiller. Je ne l’aurai pourtant pas cru avec les premières pages. 

Ce livre est à la fois cruel, beau, émouvant, déchirant, fascinant et j’en passe. Je suis passée par tout un tas d’émotions. Il nous raconte le destin d’une femme hors norme, explosive, tourmentée qui abandonna ses enfants pour suivre radicalement sa voie.  Et la je suis sûre que certaines/certains lèvent les yeux au ciel en se dusnqt mais quoi?? L’auteur nous raconte l’histoire de sa grand-mère qu’elle n’a pas connue, une grand-mère artiste, une grand-mère amoureuse, une grand-mère contestataire, une grand-mère abandonnant ses enfants. Elle utilise  un ton toujours juste, toujours vrai , pour nous parler de cette grand mère que l’auteur n’ a pas connue, pour nous parler de cette « femme qui fuit »: la mère de sa mère. De cette inconnue, Anaïs va faire une héroïne de roman. Sans que l’on puisse vraiment démêler le vrai du faux, ses recherches lui permettent de se confronter à une femme hors du commun. L’idée d’une mère qui abandonne ses deux jeunes enfants est heurtante. Difficile à envisager et à comprendre. On n’y voit que femme insensible, femme insensée. On n’y voit d’ordinaire que geste monstrueux. Quand on est soi-même issue de la lignée de celle qui a fui foyer et famille, il y a sans aucun doute un morceau du puzzle manquant. Une blessure qui saigne à l’intérieur de soi. Aux racines. L’auteur le dit, elle n’aimait pas cette femme, sa grand-mère, qui avait fracturé le cœur de sa mère. Mais à la mort de son aïeule, elle se découvre l’envie de la connaître. Elle retourne là où Suzanne Meloche a posé les pieds. Elle fouille, remonte jusqu’à la source, jusqu’à la petite enfance que Suzanne a traversée dans une campagne étouffante, auprès d’une mère avalée par la maternité et la mornitude des jours…

L’écriture forte, directe, envoûtante, faite de chapitres courts mais intenses vous happe et vous transporte dans le Québec des années 40. Tout un pan de l’histoire du Québec nous est décrit. On traverse la crise, la guerre, on vit avec les artisans du Refus Global ne pouvant accepter une société vivant dans le passé; on fréquente les ateliers de peintres tels Riopelle, Borduas, Pollock; on est invité aux soirées enfumées pleines des mots et des rêves de Gauvreau et autres poètes; on subit Duplessis, sa noirceur et sa répression. C’est une époque où tout vibre, où tout est à construire au Québec. Et toujours cette femme qui veut à tout prix laisser une marque, participer à l’histoire, sans savoir comment. C’est un livre écris à la deuxième personne, j’avoue c’est la première fois que j’y suis confrontée. Une autre originalité, des phrases très courtes, des paragraphes qui se limitent souvent à une phrase, des chapitres rarement plus longs que deux pages. J’ai eu un peu de mal puis une fois lancé les pages se tournent toutes seules et en un rien de temps vous avez terminé. Une écriture douce et pleine d’empathie, dont le but est de comprendre et non de juger.

Et pour conclure:

Un coup de cœur pour un ouvrage qui raconte notre histoire à « nous les femmes » et que chacune pourrait ou devrait lire entre fiction et réalité historique! L’histoire est touchante. Mais l’auteur ne fait pas de cette femme une héroïne, elle nous en montre les faiblesses et les questionnements aussi bien que les moments de génie. Elle dresse le portrait d’une femme exceptionnelle, libre et avant-gardiste.

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Une réflexion sur “La femme qui fuit, Anaïs Barbeau-Lavalette 

  1. unfilalapage dit :

    Comme toi, ce livre a été un immense coup de cœur. Et pourtant, à l’inverse de toi, j’ai détesté le personnage, je l’ai trouvée basse, faible, abominable… Ce que j’ai aimé c’est la force de l’auteur à dresser un portrait si odieux, mais avec une plume, mon dieu mais une plume !!!

    J'aime

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